
Entre route et trail, entre performance et culture running, Gravelanza a fait ses débuts ce week-end dans la forêt de Meudon. Pour sa première édition, l’événement imaginé par Salomon a réuni plus de 2000 participants autour d’un concept encore peu identifié en France : le gravel running.
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Une première édition qui ne ressemblait à aucune autre
À Meudon, les 13 et 14 juin n’avaient pas tout à fait les codes d’un trail classique ni ceux d’un 10 km urbain. Sur la terrasse de l’Observatoire et dans les allées de la forêt voisine, Gravelanza a tenté quelque chose de différent : créer un terrain commun entre les coureurs sur route, les traileurs et la nouvelle génération des run crews.
Le principe revendiqué est simple : courir vite, sortir du bitume sans entrer totalement dans l’univers montagne du trail.
Concrètement, les parcours alternaient chemins roulants, graviers, portions forestières et sections plus rapides.
Trois formats étaient proposés :
- 7 km (Explorer)
- 16 km (Challenge)
- 24 km (Endurance)
Mais Gravelanza n’a jamais été pensé comme une simple course. Village central, musique, tests produits, yoga, restauration, compétition entre clubs de course : le projet emprunte autant aux festivals outdoor qu’aux nouveaux rendez-vous running qui se multiplient dans les grandes villes européennes.
Anaïs Quemener, symbole d’une crédibilité sportive immédiate
Pour une première édition, Gravelanza avait besoin d’une tête d’affiche capable de donner du poids au projet. La victoire d’Anaïs Quemener sur le format Endurance (24 km) remplit parfaitement ce rôle.
Sacrée championne de France du marathon il y a quelques semaines, la Francilienne s’est imposée en 1h33min52s sur les sentiers de Meudon, confirmant une saison 2026 déjà particulièrement solide.
Au-delà du résultat brut, son succès raconte quelque chose d’intéressant : les meilleurs profils route sont aujourd’hui capables d’exister immédiatement sur ces formats hybrides.
Cela donne aussi une indication sur l’intensité visée par Gravelanza : suffisamment roulante pour valoriser la vitesse, suffisamment irrégulière pour exiger de vraies qualités de relance.
Le gravel running : une tendance ou une vraie nouvelle discipline ?
Le terme intrigue. Après le succès du gravel en cyclisme (cette pratique hybride entre route et chemins) le running tente à son tour d’occuper cet espace intermédiaire.
Le gravel running ne cherche pas à remplacer le trail. Il répond plutôt à une réalité observable depuis plusieurs années : de nombreux coureurs urbains veulent sortir du bitume sans nécessairement chercher le dénivelé extrême ou les longues heures d’effort.
C’est là que Meudon devient un choix presque évident. À quelques kilomètres de Paris, la forêt offre des terrains rapides, variés, accessibles en transport et suffisamment techniques pour casser la monotonie d’une sortie route.
Le pari est aussi culturel. Là où le trail historique valorise souvent l’aventure et la montagne, Gravelanza assume une esthétique plus urbaine : départs groupés, spectateurs présents, animations permanentes et formats courts qui permettent de voir davantage la course.
Ce n’est pas un hasard si les run crews ont occupé une place centrale dans l’événement, avec un trophée dédié évalué autant sur l’énergie collective que sur la performance sportive.
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Plus qu’un événement : le début d’un circuit ?
L’autre enseignement du week-end dépasse le seul cadre francilien. Les organisateurs ont déjà annoncé leur intention de faire voyager Gravelanza avec de prochaines étapes envisagées à Londres puis Los Angeles. L’ambition est claire : installer un rendez-vous mondial capable de créer sa propre communauté.
Reste maintenant une question essentielle : le gravel running peut-il devenir une catégorie durable du calendrier ou restera-t-il un format événementiel porté par quelques marques ?
La réponse viendra probablement du terrain. Mais une chose apparaît déjà : dans un univers du running où les pratiquants mélangent de plus en plus route, sentiers et expériences collectives, Gravelanza arrive au bon moment.
Et si la première édition de Meudon n’a pas encore inventé une nouvelle discipline, elle a au moins montré qu’il existait un public prêt à courir entre les cases.




