
Un an après avoir quitté la course sans rallier l’arrivée, Vincent Bouillard a transformé sa revanche en exploit monumental. Le Français s’est imposé sur la mythique Western States 100 et a effacé des tablettes le record de l’épreuve avec un chrono stratosphérique de 13h46min15s. Une performance qui change sa dimension dans l’histoire du trail mondial.
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Une victoire française qui dépasse le simple résultat
Dans l’univers de l’ultra-trail, certaines courses comptent davantage que d’autres. Et la Western States fait partie de celles qui façonnent des carrières.
Disputée chaque année en Californie sur 100 miles (161 km) à travers la Sierra Nevada, la Western States 100 est souvent considérée comme la course la plus rapide et la plus prestigieuse du circuit nord-américain. Son profil roulant, ses longues portions exposées à la chaleur et son rythme extrêmement élevé en font une épreuve à part dans le monde de l’ultra.
Ce 28 juin 2026, Vincent Bouillard n’a pas seulement gagné : il a redéfini les standards.
Le Français a coupé la ligne en 13h46min15s, devenant le premier Tricolore à inscrire son nom au palmarès de l’épreuve. Il améliore au passage de plus de vingt minutes l’ancien record détenu depuis 2019 par Jim Walmsley (14h09min28s), une référence que beaucoup considéraient comme difficilement attaquable.
La revanche d’un coureur qui construit sa trajectoire hors des codes
Cette victoire prend encore plus d’ampleur lorsqu’on regarde le parcours récent de Bouillard. En 2025, le Français avait découvert la Western States avec ambition avant de devoir abandonner au-delà du 120e kilomètre. Une sortie frustrante pour celui qui sortait déjà du statut d’outsider après son coup d’éclat à l’UTMB 2024.
Douze mois plus tard, il revient avec une lecture beaucoup plus fine du terrain. Sur une course réputée pour sanctionner les départs trop agressifs, Bouillard a adopté une stratégie d’attente. Longtemps installé dans le groupe de tête sans répondre aux accélérations, il a laissé la course se décanter.
Une accélération au moment où tout bascule
Pendant une grande partie de l’épreuve, plusieurs favoris ont animé les débats, notamment Jim Walmsley et Hans Troyer. Puis la Western States a fait ce qu’elle fait souvent : elle a présenté l’addition.
À mesure que les kilomètres défilaient, les leaders ont commencé à céder. L’Italien Francesco Puppi a pris les commandes aux deux tiers de course avant de voir Bouillard revenir progressivement puis accélérer dans le dernier quart de l’épreuve. Le Français a pris définitivement l’avantage aux alentours du 140e kilomètre avant de filer seul vers Auburn.
Ce scénario raconte quelque chose d’essentiel sur l’évolution du très haut niveau en ultra : aujourd’hui, gagner ne consiste plus seulement à résister. Il faut savoir attendre.
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Une performance qui repositionne le trail français
Le trail français n’a jamais manqué de talents, mais il lui manquait encore ce symbole sur la Western States. Bouillard rejoint désormais un cercle extrêmement fermé : celui des coureurs capables de gagner à la fois l’UTMB et la Western States. Avant lui, seuls quelques noms majeurs de l’histoire récente du sport avaient réussi ce doublé.
Ce succès confirme aussi une tendance : la frontière entre coureurs amateurs, semi-professionnels et athlètes à temps plein devient de plus en plus floue. Ingénieur innovation dans l’univers du trail, Bouillard s’est construit loin des projecteurs avant de devenir l’un des visages les plus crédibles de la nouvelle génération française.
Au-delà du chrono, un message envoyé à toute la planète ultra
Le temps réalisé impressionne évidemment. Passer sous les 14 heures sur 161 kilomètres et environ 5500 mètres de dénivelé positif semblait déjà exceptionnel. Descendre jusqu’à 13h46 ouvre une autre dimension. Mais ce qui marque encore davantage, c’est la manière.
Bouillard n’a jamais semblé courir contre le record. Il a couru contre la course elle-même : en acceptant les temps faibles, en restant discipliné, puis en frappant lorsque les autres commençaient à subir. À un peu plus de deux mois de la grande fin de saison, son nom s’installe désormais tout en haut de la hiérarchie mondiale.
Et dans un sport où les légendes se construisent souvent sur plusieurs années, Vincent Bouillard vient peut-être de signer le jour où il est passé du statut de vainqueur surprise à celui de référence mondiale.




