Ultra-trail : Nouchka Simic bat le record féminin de la grande traversée des Alpes

Nouchka Simic a réussi son pari. La traileuse haut-savoyarde a bouclé la Grande Traversée des Alpes entre Thonon-les-Bains et Nice en 7 jours, 18 heures et 23 minutes, améliorant de 1 heure et 37 minutes le précédent record féminin établi par Iliana Popik en 2024. Une performance hors norme sur un parcours d’environ 630 kilomètres et 35000 mètres de dénivelé positif.

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Un nouveau record féminin au bout de 630 kilomètres

Il aura fallu attendre plus d’une semaine pour connaître le dénouement de cette traversée hors normes. Partie de Thonon-les-Bains, au bord du lac Léman, Nouchka Simic avait pour objectif de rallier Nice en empruntant le mythique GR5 et de s’attaquer au temps de référence féminin.

La traileuse a finalement franchi la ligne d’arrivée après 7 jours, 18 heures et 23 minutes d’effort cumulé, soit un nouveau record féminin de la Grande Traversée des Alpes. Son chrono améliore de près de deux heures la précédente référence, signée en 2024 par Iliana Popik en 7 jours et 20 heures.

Sur le papier, l’écart peut sembler relativement faible. Sur un itinéraire aussi long, il représente pourtant une marge considérable. Nouchka Simic a dû maintenir une progression extrêmement soutenue pendant plusieurs jours, tout en encaissant la fatigue musculaire, les nuits raccourcies et les milliers de mètres de montée et de descente.

Une semaine à courir dans les Alpes

Près de 90 kilomètres et 5 000 mètres de D+ par jour

La difficulté de cette performance se mesure mieux en regardant les chiffres.

Pour viser un chrono inférieur à huit jours sur cette traversée, il fallait avancer à une cadence proche de 90 kilomètres par jour, tout en avalant environ 5000 mètres de dénivelé positif quotidien. Une charge qui dépasse largement les standards d’une course d’ultra-trail classique.

Lors de sa première étape, Nouchka Simic avait parcouru environ 89 kilomètres et 4895 mètres de D+ en 17h07. Un départ parfaitement maîtrisé, mais qui donnait aussi un premier aperçu de la violence du défi : chaque journée représentait quasiment l’équivalent d’un ultra-trail, avec une récupération minimale avant de repartir.

La suite de l’aventure a confirmé cette exigence. Après trois jours, elle avait déjà parcouru environ 250 kilomètres, avec plus de 14600 mètres de dénivelé positif et près de 70 heures d’effort cumulé. Malgré une troisième étape particulièrement difficile, elle restait alors dans les temps du record.

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Le moment où la fatigue aurait pu tout changer

Dans une tentative de record sur plusieurs jours, le danger ne vient pas uniquement du terrain. Il réside surtout dans l’accumulation.

Après trois jours, les kilomètres commencent à peser dans les jambes. Les descentes deviennent plus traumatisantes, les montées plus coûteuses et le sommeil ne permet plus de récupérer complètement. C’est précisément à ce moment que la gestion de l’effort prend autant d’importance que la condition physique.

Nouchka Simic a connu ce passage délicat lors de sa troisième journée, bouclée après plus de vingt heures. Mais elle a réussi à relancer sa traversée dès l’étape suivante. À mi-parcours, elle avait dépassé les 320 kilomètres et près de 18000 mètres de dénivelé positif, tout en conservant suffisamment de ressources pour poursuivre son objectif.

Cette capacité à absorber un coup de moins bien sans compromettre le projet constitue probablement l’une des clés de son record. Sur une aventure de cette durée, la performance ne consiste pas seulement à aller vite : elle consiste à savoir quand ralentir pour pouvoir repartir.

Une performance sportive mais aussi une aventure personnelle

Le projet de Nouchka Simic ne se résumait pas à une chasse au chrono.

Diététicienne du sport, entrepreneuse, traileuse et créatrice de contenus, elle avait choisi de raconter cette traversée comme une aventure personnelle. La montagne et l’ultra-endurance occupent une place particulière dans son parcours, et cette Grande Traversée des Alpes devait également symboliser une forme de reconstruction.

Cette dimension donne une autre profondeur à la performance. Car derrière les chiffres impressionnants du record se trouve une aventure vécue au quotidien, avec ses moments d’euphorie, ses passages difficiles et ses longues heures de solitude sur les sentiers alpins.

Elle a également pu compter sur le soutien de son équipe d’assistance et, ponctuellement, sur celui de coureurs venus partager quelques kilomètres avec elle. Parmi eux, Ludovic Pommeret, figure majeure de l’ultra-trail français, l’a notamment accompagnée sur une partie du parcours.

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Une nouvelle référence pour la Grande Traversée des Alpes

Avec ce chrono de 7 jours, 18 heures et 23 minutes, Nouchka Simic inscrit désormais son nom dans l’histoire de la Grande Traversée des Alpes.

Son record illustre aussi l’évolution de l’ultra-endurance féminine. Iliana Popik avait ouvert la voie en 2024 en établissant le premier temps de référence féminin sur ce parcours, après 7 jours et 20 heures d’aventure. Deux ans plus tard, Nouchka Simic repousse à son tour la limite.

Le record ne tient finalement qu’à 1h37, mais cette différence résume parfaitement la difficulté d’une telle entreprise. Sur plus de 600 kilomètres et 35000 mètres de dénivelé positif, chaque minute gagnée se conquiert au prix de dizaines d’heures d’effort.

Et c’est précisément ce qui rend la performance de Nouchka Simic aussi remarquable : elle n’a pas seulement traversé les Alpes. Elle l’a fait plus vite qu’aucune femme avant elle.