
Decathlon passe à la vitesse supérieure dans l’univers du trail. Après plusieurs mois de tests et de démonstrations, l’enseigne commercialise désormais un exosquelette destiné à assister les randonneurs et les traileurs. Une innovation qui intrigue autant qu’elle divise, tant elle interroge sur l’avenir de la pratique en montagne.
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Decathlon mise sur l’assistance physique pour démocratiser le trail
L’idée d’un exosquelette destiné au grand public semblait encore relever de la science-fiction il y a quelques années. Pourtant, Decathlon franchit un cap en proposant un modèle développé avec la société allemande German Bionic, déjà reconnue dans le secteur industriel pour ses systèmes d’assistance au mouvement.
Contrairement aux exosquelettes médicaux ou industriels, ce dispositif n’a pas vocation à remplacer l’effort, mais à accompagner les mouvements des jambes lors des montées, des descentes et des longues marches.

Le principe est relativement simple : des capteurs analysent les mouvements du bassin et des jambes afin de fournir une assistance mécanique au moment où les muscles sont les plus sollicités.
L’objectif affiché est double :
- diminuer la fatigue musculaire ;
- rendre les longues sorties plus accessibles aux pratiquants occasionnels.
Une promesse qui pourrait séduire de nombreux amateurs de trail longue distance ou d’ultra-trail.
Un fonctionnement pensé pour les longues sorties
L’exosquelette se fixe autour de la taille et des cuisses grâce à un harnais relativement discret.
Le système détecte automatiquement :
- les montées ;
- les descentes ;
- les phases de marche ;
- les changements de rythme.
Il adapte ensuite son niveau d’assistance en temps réel.
Selon les informations communiquées lors des présentations du produit, l’assistance vise principalement les quadriceps, les fessiers et les ischio-jambiers, trois groupes musculaires particulièrement sollicités en montagne.
L’appareil fonctionne sur batterie rechargeable et offre plusieurs heures d’autonomie selon le niveau d’assistance utilisé.
Un produit qui ne s’adresse pas aux compétiteurs
À première vue, certains pourraient imaginer voir apparaître des exosquelettes sur les lignes de départ des grandes courses de trail.
En réalité, ce scénario paraît très improbable. La grande majorité des règlements, notamment sur les courses affiliées aux fédérations ou aux grands circuits internationaux, interdisent toute assistance mécanique susceptible d’améliorer les performances.
Cet exosquelette vise donc un autre public :
- les passionnés de randonnée sportive ;
- les pratiquants loisirs ;
- les coureurs souhaitant continuer à explorer la montagne malgré une baisse de capacités physiques ;
- certains sportifs en reprise après une blessure, sous réserve d’un avis médical.
Autrement dit, Decathlon cherche davantage à ouvrir la pratique qu’à transformer la compétition.
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Une innovation qui divise déjà les traileurs
Comme souvent lorsqu’une nouvelle technologie apparaît dans le monde du running, les réactions sont contrastées.
- Pour ses partisans, l’exosquelette constitue une formidable avancée. Il pourrait permettre à davantage de personnes d’accéder aux sentiers, de parcourir des distances plus importantes et de limiter la fatigue lors de longues randonnées alpines.
- À l’inverse, certains puristes y voient une remise en question des valeurs du trail.
Le dépassement de soi, la gestion de l’effort et l’autonomie font partie de l’ADN de la discipline. Introduire une assistance mécanique, même limitée, soulève donc une question de fond : jusqu’où la technologie peut-elle accompagner le sportif sans dénaturer son expérience ?
Ce débat rappelle celui suscité il y a quelques années par les chaussures à plaque carbone sur route. D’abord vivement critiquées, elles se sont finalement imposées dans le paysage du running, même si leur utilisation reste encadrée par les règlements sportifs.
Faut-il acheter un exosquelette pour faire du trail ?
La réponse dépend essentiellement de l’usage. Pour un compétiteur visant des chronos sur 20 km, 50 km ou 100 km, l’intérêt reste très limité puisque l’appareil ne pourra pas être utilisé en course officielle.
En revanche, pour :
- les passionnés de randonnée rapide ;
- les pratiquants d’ultra en phase d’entraînement ;
- les personnes souhaitant prolonger leur pratique malgré l’âge ;
- les amateurs de montagne recherchant davantage de confort,
ce type d’assistance pourrait représenter une véritable aide.
Il ne remplacera jamais l’entraînement, le renforcement musculaire ou la préparation physique, mais il pourrait réduire la fatigue lors de sorties particulièrement exigeantes.
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Une innovation plus importante qu’elle n’en a l’air
Au-delà du produit lui-même, cette commercialisation marque un tournant.
Pendant longtemps, les exosquelettes étaient réservés aux secteurs médical, militaire ou industriel. Leur arrivée dans l’univers du sport montre que les frontières entre assistance technologique et pratique physique deviennent de plus en plus floues.
Le trail restera avant tout un sport d’endurance, où la préparation, la technique et la gestion de l’effort feront toujours la différence. Mais comme les chaussures carbone avant lui, l’exosquelette pourrait ouvrir un nouveau chapitre de l’innovation outdoor.
La véritable question n’est peut-être plus de savoir si cette technologie a sa place dans les sports de montagne, mais jusqu’où les pratiquants seront prêts à accepter que la technologie accompagne leur effort sans en modifier l’essence.




