
Le 7 novembre 2026, Clemquicourt réunira près de 100 coureurs pour une backyard pas comme les autres. Champions de trail, stars d’Internet et membres de sa communauté se retrouveront autour de 25 heures de course, avec un objectif caritatif au profit de l’association Rêves.
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Une backyard taillée pour Internet
Sur le papier, le concept est d’une simplicité redoutable : 6,706 kilomètres à parcourir en moins d’une heure, puis il faut repartir sur une nouvelle boucle lorsque l’heure suivante commence. Celui qui ne termine pas dans le délai est éliminé.
C’est le principe de la Backyard Ultra, un format d’ultra-endurance popularisé notamment par les courses inspirées du concept créé par Gary Cantrell, alias Lazarus Lake. Mais Clemquicourt ne cherche visiblement pas à organiser une Backyard traditionnelle. Il veut en faire un véritable événement numérique.
Le projet, baptisé Les 25h qui courent, aura lieu le 7 novembre 2026 et devrait réunir environ 100 participants. La moitié sera constituée de sportifs et de créateurs de contenu, tandis que 50 places seront proposées à la communauté via des tickets d’or. Et c’est précisément là que l’idée devient intéressante.
25 heures, plus de 167 kilomètres potentiels
Pour un coureur habitué au marathon, 6,7 kilomètres en une heure ne représentent pas, individuellement, un défi extraordinaire. Le piège se trouve ailleurs.
Après dix heures, il faut déjà avoir parcouru 67 kilomètres. Après vingt heures, 134 kilomètres. Et au terme de 25 heures, le compteur dépasse 167 kilomètres, si un participant parvient à boucler toutes les manches.
La difficulté est autant physique que mentale. Il faut gérer son allure, son alimentation, son sommeil et ses phases de récupération tout en sachant qu’une nouvelle échéance arrive inlassablement. Surtout, courir trop vite n’apporte pratiquement rien : le véritable objectif consiste à terminer chaque boucle suffisamment tôt pour récupérer sans gaspiller d’énergie.
C’est ce qui rend la Backyard particulièrement adaptée à un événement destiné au grand public. Le spectateur n’a pas besoin de connaître les subtilités de l’ultra-trail : une heure, une boucle, un départ, une élimination. Le scénario se renouvelle automatiquement.
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Un casting qui mélange deux mondes
C’est évidemment l’autre grande force du projet.
- Côté trail, les noms associés à l’événement sont particulièrement prestigieux, avec notamment Kilian Jornet, Blandine L’Hirondel et Mathieu Blanchard.
- Du côté des créateurs, Clemquicourt annonce notamment Tibo InShape, Domingo, Zack Nani, Baghera, Laink, LeBouseuh et Hugo Tout Seul.
Une précision reste toutefois importante : la liste définitive des participants et le rôle exact de certaines personnalités doivent encore être confirmés. La présence de Kilian Jornet, notamment, est largement associée à l’annonce du projet, mais il serait prématuré d’affirmer qu’il disputera nécessairement les 25 heures dans leur intégralité.
Cette incertitude ne retire rien à l’ambition du projet. Elle illustre même son changement de dimension : le trail n’est plus ici seulement présenté comme une discipline sportive, mais comme un contenu capable de réunir plusieurs communautés.
Le modèle GP Explorer appliqué au running ?
Le parallèle avec le GP Explorer est presque inévitable.
L’idée n’est évidemment pas de reproduire la compétition automobile de Squeezie, mais d’utiliser une logique similaire : prendre une discipline possédant ses propres codes, y intégrer des personnalités suivies par des millions de personnes et construire autour d’elle un événement conçu autant pour le spectacle que pour la performance.
Clemquicourt semble appliquer cette recette au running et au trail. La différence est importante : ici, le moteur du spectacle ne repose pas sur la vitesse pure. C’est l’élimination progressive qui construit le récit.
Qui sera encore là après dix heures ? Quel créateur tiendra le rythme ? Quel athlète de haut niveau saura gérer son effort ? Qui craquera à 3h, 4h ou 5h du matin ? Chaque boucle peut devenir un nouvel épisode.
Twitch comme terrain de jeu
La course doit être diffusée en direct sur Twitch, ce qui colle parfaitement à cette mécanique. Le format produit naturellement des rendez-vous réguliers : départ, retour des coureurs, classement, éliminations, récupération, puis nouveau départ.
C’est une différence majeure avec une course traditionnelle, dont une grande partie du spectacle se concentre autour du départ et de l’arrivée.
Ici, l’événement peut être raconté pendant 25 heures. La fatigue devient progressivement visible et les écarts de niveau entre les participants deviennent eux-mêmes une composante narrative.
Le projet avait d’ailleurs été présenté quelques mois plus tôt sous le nom de Les 24 heures qui courent, avec déjà l’idée d’une Backyard réunissant créateurs, athlètes professionnels et membres de la communauté. Le concept a depuis évolué vers une version plus clairement caritative et plus ambitieuse.
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Une opération de communication, mais surtout caritative
Derrière le casting et la dimension spectaculaire, l’objectif affiché est avant tout solidaire.
Les 25h qui courent sont organisées au profit de l’association Rêves, qui œuvre à réaliser les rêves d’enfants et d’adolescents gravement malades. Clemquicourt présente l’événement comme 100% caritatif.
Le projet bénéficie également du soutien de plusieurs partenaires, parmi lesquels Brooks Running, Deezer et Ciao Energy.
C’est finalement ce mélange qui fait la singularité des 25h qui courent. L’événement cherche simultanément à faire découvrir l’ultra-endurance à un public qui ne la connaît pas, divertir une audience habituée aux contenus numériques et générer une mobilisation autour d’une cause caritative.
Pour le trail français, l’enjeu dépasse donc largement la seule performance du 7 novembre.
Si Clemquicourt réussit son pari, une Backyard pourrait devenir bien plus qu’une course confidentielle entre spécialistes : un véritable événement populaire capable de faire entrer l’ultra-trail dans les codes du divertissement numérique.
Et pour une discipline souvent difficile à raconter au grand public, le pari est loin d’être anodin.




