
Aurélien Dunand-Pallaz a frappé un immense coup sur le GR20. Le Savoyard a bouclé la traversée de la Corse en 27h29, améliorant de 2h17 le record établi par François D’Haene en juillet. Une performance qui repousse considérablement les limites sur l’un des parcours les plus exigeants de l’ultra-trail.
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Un nouveau record qui change d’échelle
Le record du GR20 n’aura tenu que deux mois et demi. Après avoir lui-même récupéré la référence en juillet, François D’Haene doit déjà céder son bien à Aurélien Dunand-Pallaz.
Parti jeudi 24 septembre à 5 heures de Calenzana, le Savoyard a rejoint Conca vendredi matin en 27h29. Sur un itinéraire d’environ 160 à 166 kilomètres selon les références utilisées, avec plus de 12000 mètres de dénivelé positif, il améliore de 2h17 le chrono de 29h46 réalisé par D’Haene début juillet.
L’écart est considérable sur une traversée de cette durée. Il l’est encore davantage lorsque l’on se souvient que François D’Haene avait lui-même fait tomber la marque de Lambert Santelli, qui était de 30h25, et était devenu le premier homme à passer sous la barre symbolique des 30 heures.
En deux mois, le record est donc passé de 30h25 à 27h29. Une accélération spectaculaire de la référence sur ce monument du trail corse.
Dunand-Pallaz avait préparé son coup depuis plusieurs années
La performance ne doit pourtant rien à l’improvisation. Aurélien Dunand-Pallaz nourrissait ce projet depuis plusieurs années et connaissait particulièrement bien le parcours.
Avant son départ, le vainqueur de la Hardrock 100 et de la Diagonale des Fous 2023 expliquait vouloir profiter de conditions différentes de celles rencontrées par D’Haene en juillet. La météo, notamment, pouvait jouer un rôle important sur une traversée aussi longue et technique. En contrepartie, son départ plus tard dans la saison impliquait davantage d’heures de course dans l’obscurité.
Pour cette tentative, le Savoyard était également entouré d’une équipe importante de pacers. Théo Detienne et Julien Michelon l’ont notamment accompagné dans les premières heures, tandis que son dispositif devait compter jusqu’à neuf coureurs pour l’aider à maintenir son rythme et gérer les différentes portions du parcours.
Cette organisation illustre une réalité souvent sous-estimée du record sur un parcours comme le GR20 : la performance ne repose pas uniquement sur les jambes du coureur. Gestion de l’alimentation, navigation, ravitaillements, rythme de nuit et accompagnement deviennent déterminants lorsque l’effort dépasse largement une journée.
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Une avance construite dès les premières heures
Dunand-Pallaz n’a pas attendu la fin du GR20 pour prendre le dessus sur le chrono de D’Haene.
Selon les temps de passage rapportés après sa performance, il comptait déjà environ 30 minutes d’avance au 23e kilomètre, avant de porter cet avantage à près d’1h40 à mi-parcours. Une marge qui lui a permis d’aborder la seconde partie de la traversée avec davantage de sécurité par rapport au temps de référence.
Le plus impressionnant reste toutefois sa capacité à maintenir cette dynamique jusqu’à Conca. Sur un parcours où les kilomètres ne se résument pas à courir vite, la difficulté consiste à conserver de la lucidité dans les passages techniques tout en continuant à avancer efficacement.
C’est précisément ce qui donne une autre dimension au chrono de 27h29. Dunand-Pallaz ne s’est pas contenté de grappiller quelques minutes au record de D’Haene : il a immédiatement creusé un écart supérieur à deux heures.
D’Haene avait pourtant déjà repoussé les limites
La performance prend encore plus de relief lorsqu’on regarde l’histoire récente du record.
François D’Haene avait signé en 2016 un chrono de 31h06 sur le GR20. Cinq ans plus tard, Lambert Santelli avait porté la marque à 30h25. Puis D’Haene est revenu en juillet 2026 pour gagner encore 39 minutes et passer pour la première fois sous les 30 heures, avec son temps de 29h46.
Quelques semaines plus tard, Dunand-Pallaz ajoute encore 2h17 à cette progression.
Le symbole est fort pour D’Haene, qui avait lui-même prévenu avant la tentative de son compatriote qu’il pourrait perdre rapidement son record. Jeudi, il avait d’ailleurs publié un message sur les réseaux sociaux dans lequel il envisageait avec fair-play que la meilleure marque du GR20 puisse ne plus lui appartenir dès le lendemain.
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Un nouveau chapitre pour le GR20
À 33 ans, Aurélien Dunand-Pallaz signe donc l’un des chronos les plus marquants de sa carrière. Son parcours sur le GR20, bouclé en 27h29, devient la nouvelle référence masculine sur la traversée de Calenzana à Conca.
Le record féminin reste, lui, la propriété d’Anne-Lise Rousset, qui avait réalisé 35h50 en 2022.
Désormais, une question se pose naturellement : combien de temps faudra-t-il pour revoir un athlète descendre sous les 27 heures ? Après les 31h06 de D’Haene en 2016, les 30h25 de Santelli en 2021, les 29h46 de D’Haene en juillet et maintenant les 27h29 de Dunand-Pallaz, le GR20 vient de connaître une nouvelle accélération historique.
Et cette fois, le précédent record n’a pas simplement été battu. Il a été largement repoussé.




