Eliud Kipchoge renoue avec la victoire au marathon de Melbourne à 41 ans

Trois ans après son dernier succès sur marathon, Eliud Kipchoge a retrouvé le chemin de la victoire dimanche 11 octobre 2026, à Melbourne. Le double champion olympique kényan s’est imposé en 2h09min10s, établissant au passage un nouveau record de l’épreuve australienne. À 41 ans, l’ancien détenteur du record du monde rappelle qu’il reste capable de rivaliser avec la nouvelle génération, même si ses ambitions dépassent désormais la seule quête du chronomètre.

Le classement masculin Top 5 du marathon de Melbourne 2026

PlaceAthlèteNationalitéChrono
1Eliud KipchogeKenya2 h 09 min 10 s
2Thomas Do CantoAustralie2 h 10 min 35 s
3Reece EdwardsAustralie2 h 14 min 33 s
4Bailey Murzecki-HinceAustralie2 h 15 min 06 s
5James WhelanAustralie2 h 17 min 03 s

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Un retour au sommet après trois ans sans victoire

Eliud Kipchoge n’avait plus remporté de marathon depuis septembre 2023, lorsqu’il s’était imposé à Berlin. Trois ans plus tard, le Kényan a mis fin à cette attente en remportant le marathon de Melbourne, pour sa première participation à l’épreuve australienne.

En 2h09min10s, le double champion olympique a non seulement retrouvé le goût de la victoire, mais aussi amélioré le record du parcours de deux secondes. La précédente référence appartenait à son compatriote Timothy Kiplagat Ronoh, auteur d’un chrono de 2h09min12s en 2022.

Cette performance prend une dimension particulière compte tenu de l’âge du champion, né le 5 novembre 1984. À quelques semaines de ses 42 ans, Kipchoge continue de se mesurer aux meilleurs spécialistes de la distance, alors que de nombreux athlètes de haut niveau ont déjà quitté la scène internationale à cet âge.

Il ne faut toutefois pas confondre ce succès avec un retour au niveau de ses plus grandes années chronométriques. Son record personnel reste de 2h01min09s, établi à Berlin en 2022, à l’époque où il détenait encore le record du monde. Melbourne représente avant tout une victoire symbolique et sportive : celle d’un marathonien expérimenté qui sait toujours comment gagner une course.

Kipchoge fait la différence dans les dix derniers kilomètres

La course s’est décantée dans sa dernière partie. Resté au contact de ses adversaires pendant une bonne partie de l’épreuve, le Kényan a accéléré à moins de dix kilomètres de l’arrivée pour prendre les commandes et creuser l’écart.

L’Australien Thomas Do Canto, qui termine deuxième en 2h10min35s, n’a pas réussi à suivre cette accélération. Il accuse finalement un retard d’une minute et 25 secondes sur le vainqueur. Son compatriote Reece Edwards complète le podium en 2h14min33s.

Cette victoire illustre une qualité qui a longtemps caractérisé Kipchoge : sa capacité à gérer son effort et à accélérer au moment décisif. Sur marathon, rester patient avant de porter une attaque permet de limiter les risques d’explosion dans les derniers kilomètres, lorsque la fatigue musculaire et la baisse des réserves énergétiques se font sentir.

Le Kényan a également profité de l’ambiance particulière de Melbourne. Le parcours empruntait notamment une partie du circuit automobile d’Albert Park, avant une arrivée au Melbourne Cricket Ground (MCG), le célèbre stade de cricket de la ville. Kipchoge a même ralenti dans le stade pour saluer les spectateurs, quitte à laisser filer quelques secondes supplémentaires.

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Une victoire qui dépasse le simple résultat sportif

À Melbourne, Eliud Kipchoge ne cherchait pas uniquement à ajouter une ligne à son palmarès. Sa participation s’inscrit dans un projet plus large : courir un marathon sur chacun des sept continents, notamment en Antarctique, afin de promouvoir la course à pied et de soutenir des causes qui lui tiennent à cœur.

Melbourne constituait la troisième étape de cette tournée mondiale, après des participations en Afrique du Sud et au Brésil. Le projet doit se poursuivre sur les deux années prévues, avec l’ambition de faire découvrir le running à de nouveaux publics.

Cette démarche correspond à l’image que le champion a construite au fil de sa carrière. Au-delà de ses records et de ses deux titres olympiques, Kipchoge défend régulièrement une approche de la course à pied fondée sur la discipline, la régularité et le plaisir de courir.

Sa victoire australienne lui permet aussi d’envoyer un message à la nouvelle génération. Après l’arrivée, il a expliqué se sentir encore capable de rivaliser avec les jeunes athlètes. Une déclaration qui témoigne de sa confiance, sans pour autant suffire à démontrer qu’il peut retrouver les chronos qui ont marqué l’histoire du marathon.

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Eliud Kipchoge peut-il encore viser les grandes performances ?

Le succès de Melbourne relance naturellement les interrogations sur la suite de la carrière de l’ancien recordman du monde. À 41 ans, il possède toujours l’expérience et la maîtrise tactique nécessaires pour remporter certaines courses. En revanche, maintenir ce niveau sur des parcours et face à des oppositions différents constitue un défi autrement plus complexe.

Il faut également replacer son chrono de 2h09min10s dans son contexte. Ce temps est remarquable à son âge et suffisant pour battre le record de l’épreuve, mais il reste éloigné de ses meilleures performances mondiales. La victoire confirme donc sa compétitivité, sans annoncer nécessairement un retour au sommet de la hiérarchie internationale.

Pour les amateurs de running, son parcours rappelle néanmoins une réalité intéressante : la performance ne se résume pas à un record personnel. Savoir adapter ses objectifs, continuer à s’entraîner avec méthode et trouver de nouvelles motivations peut permettre de prolonger une carrière sportive bien après le pic de performance.

À Melbourne, Kipchoge a retrouvé ce qui lui avait échappé depuis Berlin en 2023 : la première place d’un marathon. Et même si le chronomètre ne raconte plus la même histoire qu’à ses grandes heures, le champion kényan vient de prouver qu’il n’a pas encore dit son dernier mot.