
Tigst Assefa a remporté dimanche le marathon de Berlin 2026 en 2h11’04, au terme d’une course longtemps menée sur les bases du record du monde. L’Éthiopienne a finalement craqué dans les deux derniers kilomètres, touchée au tendon d’Achille, mais signe malgré tout la troisième meilleure performance féminine de l’histoire sur marathon.
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Assefa a longtemps couru vers un nouveau record
Tigst Assefa avait annoncé la couleur avant le départ : elle voulait profiter du parcours rapide de Berlin pour améliorer son record personnel. Elle a fait bien plus que cela pendant près de 40 kilomètres, en se lançant à l’assaut du record du monde de Ruth Chepngetich, établi en 2h09’56 à Chicago en 2024.
L’Éthiopienne est partie sur un rythme extrêmement soutenu. Elle a passé le 5e kilomètre en 15’30, puis le 10e en 30’48, avant de franchir la mi-course en 1h04’57. À ce stade, elle était parfaitement dans le rythme nécessaire pour effacer la marque mondiale.
Mais Assefa n’a pas simplement cherché à maintenir cette allure. À partir du 25e kilomètre, elle a encore accéléré, parfaitement accompagnée par les lièvres. Au 30e kilomètre, son temps de passage était de 1h32’15 et la projection chronométrique la plaçait toujours sous les 2h10. À 40 km, elle était encore virtuellement en mesure de battre le record.
Le scénario semblait alors écrit. Il restait pourtant le marathon dans sa forme la plus brutale : les 2,195 derniers kilomètres.
Une douleur au tendon d’Achille change tout
C’est dans cette dernière partie que la course a basculé. Sa foulée, jusque-là particulièrement fluide, s’est soudainement dégradée. Assefa s’est mise à boiter et a progressivement perdu toute sa vitesse. L’organisation a indiqué après l’arrivée qu’elle souffrait du tendon d’Achille droit, sur les deux derniers kilomètres.
Le contraste est saisissant : après avoir couru pendant plus de 40 kilomètres autour des 3’02 à 3’05 au kilomètre, la championne éthiopienne a terminé sa course autour de 3’40/km. Elle a bouclé les 2,195 derniers kilomètres en 8’04.
Le record s’est donc éloigné dans les derniers hectomètres. Assefa termine en 2h11’04, à 1’08 de la marque de Chepngetich.
Un échec au regard de son objectif initial, mais un résultat exceptionnel sur le plan chronométrique : son temps constitue la troisième meilleure performance féminine de l’histoire du marathon et améliore de 49 secondes son précédent record du parcours berlinois, établi en 2023 en 2h11’53.
Une référence mondiale qui reste particulière
Le contexte du record du monde donne également une dimension supplémentaire à cette tentative. La marque de 2h09’56 appartient toujours officiellement à Ruth Chepngetich, même si la Kényane a depuis été suspendue trois ans par l’AIU pour une violation antidopage. Son record établi en 2024 n’a pas été annulé, la sanction concernant les résultats obtenus à partir de la date de son contrôle positif.
Assefa s’est donc attaquée à une référence particulièrement symbolique, dans un marathon de Berlin qui reste l’un des grands terrains d’expérimentation du très haut niveau.
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Berlin confirme encore son statut de laboratoire du marathon
Pour Assefa, cette victoire a une saveur particulière. Elle décroche son troisième succès à Berlin, après ceux de 2022 et 2023. En 2023, elle avait déjà marqué l’histoire dans la capitale allemande en établissant alors un record du monde en 2h11’53.
Cette fois, elle n’a pas amélioré le record mondial, mais elle a montré que la barrière des 2h10 n’est plus une frontière théorique pour le marathon féminin. Pendant 40 kilomètres, son allure correspondait à une performance que peu d’observateurs auraient imaginée quelques années auparavant.
La course rappelle aussi une réalité propre au marathon : avoir la vitesse nécessaire pour battre un record ne suffit pas. La gestion musculaire, la résistance dans les derniers kilomètres et la capacité à conserver une foulée efficace après plus de deux heures d’effort restent déterminantes.
Et c’est précisément ce qui rend la performance d’Assefa aussi intrigante. Malgré une fin de course très difficile, elle réalise son meilleur temps sur marathon et améliore nettement son propre record à Berlin.
Le record du monde lui échappe donc encore. Mais après une telle démonstration jusqu’au 40e kilomètre, la question n’est plus de savoir si Tigst Assefa peut courir sous les 2h10 : elle est de savoir jusqu’où elle peut aller lorsqu’elle pourra terminer un marathon dans les mêmes conditions physiques qu’elle l’a commencé.




