PPS payant : la grogne des coureurs et traileurs amateurs

Depuis le début de l’année 2026, une petite ligne dans les règlements de course fait beaucoup parler dans le monde du running. Le Parcours Prévention Santé (PPS), indispensable pour participer aux compétitions, est devenu payant. Facturé 5 euros par an, ce nouveau dispositif rebaptisé Pass Prévention Santé suscite de nombreuses critiques chez les coureurs amateurs et les organisateurs.

Achetez et vendez votre équipement running d’occasion entre coureurs sur runcorner.app

app-runcorner-banner

Le PPS, un dispositif déjà controversé

Mis en place en 2024 par la Fédération française d’athlétisme (FFA), le PPS avait pour objectif de remplacer le certificat médical obligatoire pour les coureurs non licenciés. Le principe est simple : suivre un parcours en ligne composé de vidéos et de questions sur la prévention des risques liés à la course à pied afin d’obtenir une attestation permettant de s’inscrire à une course.

L’idée était alors de simplifier les démarches administratives et d’éviter l’engorgement des cabinets médicaux, tout en sensibilisant les coureurs aux risques de la pratique sportive.

Mais dès son lancement, le système avait déjà suscité des interrogations. Certains spécialistes estimaient que remplacer la visite médicale par une simple auto-déclaration en ligne pouvait réduire les garanties en matière de prévention des problèmes de santé.

Une évolution en 2026 : le pass devient payant

Depuis le 1er janvier 2026, le dispositif a évolué. Le PPS est devenu le Pass Prévention Santé, désormais facturé 5 euros par an et valable douze mois au lieu de trois auparavant.

Pour la fédération, cette évolution vise plusieurs objectifs :

  • renforcer la prévention et la sensibilisation des coureurs
  • proposer davantage de contenus liés à la santé et à l’entraînement
  • simplifier les contrôles pour les organisateurs
  • inclure une assurance responsabilité civile pour les participants.

Dans les faits, tous les coureurs majeurs non licenciés souhaitant participer à une course chronométrée (5 km, 10 km, semi-marathon, marathon ou trail) doivent désormais payer ce pass pour pouvoir retirer leur dossard.

PPS payant pour tous les coureurs

« Encore une chose à payer » : la colère des coureurs

Si le montant de cinq euros peut sembler modeste, c’est surtout le principe qui fait réagir dans la communauté running.

Sur les réseaux sociaux et les forums de coureurs, les critiques sont nombreuses. Certains dénoncent un système inutile, estimant que regarder quelques vidéos ne remplace pas un véritable contrôle médical. D’autres parlent d’un nouveau coût qui s’ajoute à une pratique déjà chère entre les dossards, l’équipement et les déplacements.

Un traileur amateur résume ce sentiment :

« On paie déjà nos chaussures, les inscriptions, parfois la licence. Le PPS payant, c’est juste une couche administrative en plus. »

Chez certains coureurs, la nostalgie du certificat médical refait même surface. Plusieurs estiment qu’une consultation chez un médecin restait plus pertinente pour détecter d’éventuels problèmes de santé.

Achetez et vendez votre équipement running d’occasion entre coureurs sur runcorner.app

app-runcorner-banner

Les organisateurs et les clubs également partagés

La polémique ne concerne pas uniquement les coureurs. Les organisateurs de courses et les responsables de clubs se montrent eux aussi divisés.

Certains comprennent la logique économique derrière cette décision. La FFA doit financer ses actions et accompagner l’augmentation du nombre d’épreuves et de participants.

Mais d’autres s’interrogent sur la destination de ces nouveaux revenus. « Pourquoi 5 euros ? 3 euros auraient peut-être suffi », s’interroge ainsi un organisateur de course locale, qui voit dans cette mesure un avantage financier pour la fédération.

D’autant que la pratique de la course à pied continue de progresser en France, avec des millions de finishers chaque année sur les différentes compétitions.

Une question de symbole dans le monde du running

Au fond, la polémique autour du PPS payant dépasse largement la question de cinq euros. Pour de nombreux pratiquants, elle reflète une inquiétude plus large : la crainte de voir la course à pied devenir de plus en plus réglementée et coûteuse.

Dans un sport historiquement accessible et populaire, chaque nouvelle contrainte administrative est scrutée avec attention.

Pour la Fédération française d’athlétisme, l’enjeu est désormais de convaincre que ce pass améliore réellement la sécurité et la prévention. Sans quoi la grogne des coureurs amateurs et des traileurs pourrait bien continuer à alimenter le débat dans les mois à venir.